Prochain concert

Vendredi 23 septembre 2022 à 20h, Eglise Saint-Paul, Cologny

Dimanche 25 septembre 2022 à 17h 30, Temple de la Madeleine, Genève

Programme : Oeuvres inédites en première mondiale

Ch. Bovy-Lysberg : Hymne sacrée

Franz Grast : Hymne du soir

Henri Kling : Stabat Mater

Le Chœur de Meinier et Le chœur Liederkranz-Concordia, Genève

Ensemble instrumental

Soprano : Pilar Alva Martin

Mezzo-soprano : Julia Deitt Ferraud

Ténor : Emilio Gutierrez Tlacaelel

Basse : Benoît Capt

Direction : Stanislava Nankova

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Genève et sa musique

Non, il ne s’agit pas d’une Genferei de plus! Les concerts des 23 et 25 septembre 2022, présentant exclusivement des pages de compositeurs genevois, ne cherchent pas à se démarquer par une originalité farfelue, mais à restituer des œuvres du patrimoine musical genevois qui, à cause de l’absence d’une édition accessible, ont disparu du répertoire après leur première audition… pour autant qu’elle ait eu lieu !

La plus ancienne est l’« Hymne du soir dans les temples » composé par Franz Grast, sur des paroles de Lamartine, pour le « Grand concert helvétique » donné à la cathédrale Saint-Pierre le 24 juillet 1834. Cette exécution était accompagnée par un orchestre, dont la partition s’est perdue. Il a fallu reconstituer une version pour orchestre d’après la partition autographe pour chant et piano, déposée à la Bibliothèque de Genève. Grast souhaitait la faire éditer à Paris, mais cela ne se réalisa pas. Cette reconstitution rendra possible la résurrection de cette page du Genevois François Gabriel Gras, qui avait germanisé son nom pour faire plus « musicien ».

Vient ensuite l’« Hymne sacrée » de Charles-Samuel Bovy-Lysberg, qui n’est pas datée, mais écrite au château de Dardagny où l’auteur, qui avait épousé Alice, la nièce de James Fazy, s’était établi dès le milieu du siècle. L’auteur du texte n’est pas mentionné non plus, mais on sait que cette page fut chantée en 1873, après le décès du compositeur, par le Chant sacré sous la direction d’Hugo de Senger. Cette page pour chœur et orchestre à cordes ne semble pas avoir connu d’autre exécution. Le manuscrit autographe est conservé à la Bibliothèque du Conservatoire de musique.

Il y a ensuite une authentique « création mondiale » : celle du « Stabat Mater » d’Henri Kling. Né à Paris en 1842, Kling passe sa jeunesse à Karlsruhe et gagne Genève en 1861 dont il deviendra citoyen et où il occupera une quantité de postes relatifs à la musique: corniste à l’orchestre de la Ville, enseignant au Conservatoire, organiste à Saint-Germain et à Cologny ; il est de surcroît l’auteur de centaines de compositions pour toutes sortes de formations, la plupart à usage populaire (valses, marches, polkas etc.) mais aussi d’œuvres plus élaborée telles ses quatre opéras ou sa symphonie pittoresque « Le Salève ». Son « Stabat Mater » a été composé en 1872, vraisemblablement pour un concours de composition dont il n’a pas été le lauréat ; le manuscrit, conservé à la Bibliothèque du Conservatoire de musique, comporte des corrections, vraisemblablement ultérieures : Kling tenait à cette musique qui mérite vraiment d’être jouée et sera révélée ici pour la première fois.

Dernière œuvre du 19e siècle : l’« Ave Maria » op. 11 extrait de la « Messe en ré mineur » op. 6 de Friedrich Klose (1862-1942), que l’auteur, né à Karlsruhe, puis établi à Genève où il reçut la bourgeoisie d’honneur, a conçu pour soprano et orchestre et annoncé dans une version pour soprano et orgue qui n’a jamais vu le jour (!) et qu’il a fallu reconstituer. La Messe a été donnée à Genève en 1931 et 1972 par le Chant sacré ; à défaut de la réentendre in extenso, ce sera l’occasion d’en goûter un passage particulièrement poétique

Les manuscrits sont conservés à la Bibliothèque du Conservatoire de Genève et sont édités par Didier Godel, président de l’Association des compositeurs genevois.